Pandoraworld’s Weblog

juin 8, 2008

Toutes des salopes sauf maman

Classé dans : coup de gueule — pandoraworld @ 11:30
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Billet en réaction à cette couverture du magazine prostitution et socièté:

Offre d’emploi pour un poste de prostituée

 

Je suis une femme, pas toujours bien dans ma peau, pas toujours bien dans ma tête pas toujours bien dans mon corps mais attachée à cette condition féminine pour laquelle je suis prête à me battre et sur laquelle je suis très susceptible.

J’ai été une jeune fille qui a vu ses règles arriver sans bouleversement notable dans sa vie. Pas de gifle pour signer son entrée dans le monde des adultes (cf le film diabolo menthe je crois… dans ma série des « on a la culture qu’on mérite »), non juste le début de développement de mon corps et l’émotion du premier soutien-gorge (Amies lectrices, vous en souvenez-vous encore ? Moi oui, c’était un triumph et il était de couleur chair, plus décoratif que fonctionnel pour des petits nénés triangulaires qui pointaient … ;-)

Cette nubilité n’a pas signé la fin de ma liberté, ne m’a pas rendue bonne à marier comme ces petites africaines promises à un homme quand elles deviendraient femmes. Cette nubilité ne m’a pas rendue bonne à baiser comme ces petites thaïlandaises qu’on met sur les trottoirs pour assouvir les besoins des hommes occidentaux qui viennent profiter du soleil et des enfants d’Asie. Dont certains en bons pères de famille. Dont certains en monsieur tout le monde.

J’ai été une femme qui a travaillé dur pour gagner son indépendance financière, qui a beaucoup lu et échangé, toujours curieuse pour gagner son indépendance intellectuelle, pour utiliser son cerveau et avoir ses idées par elle-même sans avoir besoin de quiconque pour lui dicter ce qu’elle devrait penser. Et surtout pas un homme. Qui a pris conscience de ce qu’elle était et a commencé à se respecter malgré ses nombreux défauts et imperfections. Libre mais chiante je le reconnais. Seule et c’est probablement pour cela aussi, mais je ne suis pas prête à vendre ma liberté à n’importe quel prix.

Je suis une femme qui ne se considérera jamais « comme le bout de gras autour d’un vagin », cette définition qui amuse encore tellement certains hommes des cavernes. Les mêmes qui soi-disant respectent leur mère. « Toutes des salopes sauf maman ». Les mêmes qui soi-disant respectent les femmes mais vont aux putes pour satisfaire d’autres besoins. Les mêmes qui consomment des femmes comme on boit une bière ou on mange des chips. Les mêmes qui battent leur femme parce qu’elle a osé les contredire en les blessant dans leur orgueil de mâle, les mêmes qui battent leur fille parce qu’elle a souri à un homme dans la rue, un homme comme eux. Les mêmes qui n’accepteront jamais qu’une femme leur soit égale. Les mêmes qui ne comprennent pas qu’on soit choqué qu’une femme puisse être réduite à un trou (voire plusieurs pour certains) sans cervelle qui fait le ménage et la cuisine.

Je suis une femme qui est triste de savoir que certaines femmes se sentent tellement avilies qu’elles se rabaissent au stade d’objet sexuel pour gagner leur vie. Même si c’est soi-disant consenti. Je suis choquée par ces images de femmes en vitrine, ces trottoirs sur lesquels des femmes font commerce de leur corps, ces maisons dans lesquelles des épouses se font violer par leur époux au nom d’un droit de cuissage marital… qui n’existe pas. Et à l’autre extrême je ne sais que penser de ces femmes, enfermées à la maison ou sous un grillage de tissu, qui ne peuvent être vues que par leur mari, quitte à en mourir si le médecin est un homme. L’excès inverse sans plus de respect pour elles.

Quelle est la place de la femme dans notre société dite égalitaire ?

A-t-on vraiment progressé, sommes-nous tellement en avance par rapport à d’autres pays ?

Je me pose de plus en plus souvent cette question.

C’était mon billet MLF ;-)))

juin 1, 2008

La virginité ou le mariage

Classé dans : coup de gueule — pandoraworld @ 8:02
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Je suis une femme libre, je suis une femme indépendante, je suis une femme sensuelle…

Je suis une femme célibataire (attention, ceci n’est pas une annonce matrimoniale…)

Je suis une femme de seconde main.

Expérimentée, libérée, ouverte aux nouvelles expériences, curieuse et gourmande…

Salie, d’occasion, impure, déniaisée, déflorée…

J’ai essayé et approuvé même si je n’ai pas été particulièrement précoce. Quand je me suis sentie prête, je me suis donnée pour la première fois à quelqu’un qui m’a aimée et que j’ai aimé, qui a été délicat et attentionné. Une première fois tout en douceur. Une première fois tout en bonheur. Un coquelicot s’est posé cette nuit là sur le drap comme témoin de ce don de moi, un cadeau qui l’a ému mais qu’il ne m’aurait pas réclamé.

J’ai donné ma virginité à un homme qui a passé dans ma vie sans y rester. Mais un homme que j’ai aimé et auquel je suis heureuse d’avoir donné ma fleur d’hymen.

Cela n’a pas empêché que d’autres hommes passent dans ma vie, s’attardent pour certains, et que je me donne toute à eux, amoureuse et passionnée. Le coquelicot en moins, mais je ne crois pas les avoir moins aimés.

Je ne suis plus vierge mais je ne me sens pas salie. Je suis expérimentée mais je ne me sens pas impure. Je suis déflorée mais ne me sens pas moins femme. Je suis toujours la femme que j’étais avant ma première fois, les années et l’expérience en plus, plus femme, plus sensuelle, plus sûre de moi. Mais la même.

Je ne comprends pas pourquoi je ne serai désormais plus épousable. Je ne comprends pas pourquoi mon mari se sentirait déshonoré que je ne l’aie pas attendu et aurais fait l’amour avec un autre quand je ne le connaissais pas encore. Je ne comprends pas en quoi tout d’un coup je deviendrai défectueuse et impropre à la consommation, à sa consommation. Je ne comprends pas en quoi l’intégrité de mon hymen serait un motif ou non de mariage.

Je ne comprends pas pourquoi la justice de mon pays de liberté, la France, me rabaisse au stade de vulgaire trou quand elle accorde la nullité d’un mariage à un homme dont la jeune épousée n’était pas vierge (erreur sur les qualités essentielles de l’épouse)

Je ne comprends pas.

Je ne veux pas comprendre.

J’ai honte de cette justice.

Je ne me retrouve pas dans cette image de la femme.

Je vais brûler mon soutien gorge…

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